• Martin

Da scoprire in Italia : Vieste

Dernière mise à jour : 2 sept. 2021




Vieste, c’est l’éperon de la botte italienne, à l’extrémité du massif du Gargano, dans la province de Foggia (Pouilles). Je l’ai découverte en 1973 après avoir lu La Loi de Roger Vailland : vieux bourg de pêcheurs entouré de pinèdes, où des enfants des environs venaient à dos de mulet vendre quelques figues de Barbarie ; où le cafetier Pasquale nous accueillait dans un très bon Français avec un accent belge, souvenir récent de son passé de mineur à Charleroi ; où, en fin de journée, le pêcheur Alfonso vendait ses cannolicchi (couteaux) capturés à la main, sous le sable, à deux mètres de profondeur … 1973, c’est aussi l’année du choléra à Naples : panique à Vieste ! pour se prémunir du fléau, beaucoup de gens se ruent sur les boissons gazeuses, d’où une rapide pénurie, notamment de birra alla spina !...


Depuis un demi-siècle, Vieste (sans doute le Manacore de Roger Vailland) a changé. Les pinèdes des alentours ont beaucoup souffert des incendies, alors que les résidences de vacances se sont multipliées. On ne croise plus aujourd’hui ces ribambelles de gualioni (ragazzini) gouailleurs qui se régalaient d’énormes tranches de pain frottées de tomate et d’ail qui étaient leur repas de midi… Les familles nombreuses ont disparu du paysage, comme ailleurs en Italie. Les jeunes ne rêvent plus de Turin : pour eux, la FIAT n’est plus une promesse d’emploi ni d’avenir comme dans les années 1960 et 1970. Avec leurs filets compliqués mais très élégants, les trabucchi (carrelets) perchés sur les éperons rocheux font davantage travailler les photographes amateurs que les pêcheurs.


Mais le quartier médiéval aux allures de médina est resté quasiment intact : des ruelles très en pente pavées de dalles calcaires blanches patinées par des siècles de battements de semelles ; de hautes maisons très sombres à l’intérieur, d’où l’aisance et le confort sont souvent absents, encore aujourd’hui. Et plus haut, le château et la cathédrale, centres du pouvoir local au moment de leur construction au Moyen-Age.


Dans les environs de Vieste, émerveillement garanti : des kilomètres de plages magnifiques … mais colonisées par les chaises longues (et payantes) chaque été ; un littoral avec des formations calcaires étonnantes, même pour qui connaît Etretat, comme le monolithe de Pizzomunno (sur la plage à l’entrée de Vieste) ou un peu plus loin l’Arco di San Felice, symbole du Gargano. A une dizaine de kilomètres à l’Ouest de Vieste, on entre dans la Foresta Umbra : régulièrement arrosée de par son altitude (800 m), réservoir de fraîcheur en été, elle est à la fois méditerranéenne et océanique (hêtres, châtaigniers…) ; elle est connue aussi pour ses orchidées sauvages, mais encore pour son gibier en liberté (la chasse y est interdite), y compris … quelques vaches en vadrouille que l’on peut croiser au détour d’un chemin !


Lieu magnifique donc, à découvrir absolument … mais à éviter en été : Vieste a 13.000 habitants mais, d’après le Guide Bleu, voit défiler 1 200 000 visiteurs chaque année, pour l’essentiel en juillet-août ! Quand on le peut, il faut privilégier les mois de mai et juin pour profiter de températures agréables, d’une belle végétation printannière, de plages (presque) vides, de villages libérés de leurs vendeurs de pacotille, d’habitants sympathiques plus disposés qu’en été à discuter avec les visiteurs de passage (discussions bien utiles pour renforcer notre niveau en Italien) !


A lire, pour entrer dans l’ambiance de cette très belle région du Gargano : La Loi, de Roger Vailland, prix Goncourt 1957 ; Le Soleil des Scorta, de Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004.


Buon viaggio


Martin Froelich




138 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout